Le point sur BUREAU VERITAS
Analyses humaines - Par Jean-Michel G. le lundi 1 mars 2010
Après un automne difficile, l’action BUREAU VERITAS semble repartir à la hausse. Peut-on espérer un renouveau du titre au printemps ?En attendant la publication de ses résultats annuels, le 4 mars, BUREAU VERITAS a fait savoir dès le 4 février que son chiffre d’affaires pour l’année 2009 dépasserait les 2,6 milliards d’euros, soit une hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Mieux encore, le résultat opérationnel, gonflé en partie par des réaffectations d’activités entre certaines divisions, afin d’optimiser les synergies et les rendements, sera pour sa part en augmentation de 12 %.
Ces bons chiffres s’expliquent par le fait que BUREAU VERITAS, société spécialisé dans l’évaluation de conformité et la certification, bénéficie des dispositions légales et réglementaires qui, par les contraintes qu’elles font peser sur les entreprises, ont permis de préserver en partie les activités du groupe des politiques de réduction de coûts mises en place dans tous les secteurs de l’économie.
Jeudi, il conviendra cependant d’être attentif aux perspectives de court et moyen termes du groupe. En effet, si le chiffre d’affaires global a augmenté sur l’année 2009, celui-ci s’est néanmoins replié au quatrième trimestre de 4,8 % par rapport à la même période en 2008. Les taux de change sont en partie responsables de cette baisse, puisque BUREAU VERITAS négocie une part substantielle de ses contrats en dollars, mais on observe également un repli des activités, entre autres dans ses divisions Marine, HSE (Hygiène, Sécurité et Environnement) et, surtout, Construction. Un repli qui, selon les informations communiquées par la société elle-même, devrait continuer d’impacter le chiffre d’affaires au moins jusqu’à cet été.
En revanche, la dette conséquente qui pesait sur le groupe, suite à l’entrée de WENDEL au capital par le biais du LBO, continue de se réduire. Elle devrait passer sous les 700 millions d’euros, en date du 31 décembre 2009, et ne représenter qu’un peu plus de 1,6 fois le résultat opérationnel (contre 1,8 fois il y a encore quelques mois).
Cette réduction de l’endettement a été rendue possible par le fort cash-flow généré par les activités de BUREAU VERITAS. Et il devrait aussi conduire le groupe à reprendre ses opérations de croissance externe dans les mois à venir, lui permettant ainsi de préserver son objectif d’une croissance annuelle de plus de 15 % en moyenne pour la période 2006-2011.
En Bourse, le titre a été très malmené cet automne. La « petite consolidation » que nous annoncions dans notre billet du 23 octobre, intitulé « BUREAU VERITAS, une valeur certifiée ? », est devenue une forte correction, suite à la publication des chiffres décevants du quatrième trimestre, que nous avons commentés ci-dessus :
Le titre est allé toucher le solide support des 32 euros, avant de consolider puis, ces dernières séances, de repartir plus franchement à la hausse. Notre robot n’est cependant pas séduit par la valeur, puisqu’il prédit un mouvement baissier soutenu, avec une tendance de fond qui s’enfonce de plus en plus dans le rouge, jour après jour.
A dire vrai, à court terme, nous partageons son pessimisme. Si les marchés restent haussiers, et si le rapport 2009 est bien accueilli, nous allons sans doute rejoindre la zone des 39-40 euros, comme à la rentrée de septembre.
Mais ce titre ayant régulièrement suscité l’intérêt des investisseurs pendant la crise, il n’est guère sous-évalué à son cours actuel, puisque sa capitalisation boursière équivaut désormais à plus de 1,5 fois son chiffre d’affaires, malgré une dette conséquente. En terme de recovery boursière, il y a de plus beaux coups à jouer aujourd’hui sur la place de Paris...
Sans rien enlever à la qualité du dossier, il est donc à craindre que le titre ne connaisse une nouvelle correction, et ne parvienne à brève échéance à dépasser ses plus-hauts historiques, même si, sur le plus long terme, il ne fait pas de doute qu’il finira par s’affranchir des 41-42 euros. Mais ce sera lorsque les effets de la crise se seront dissipés – ce qui, comme chacun sait, n’est sans doute pas pour demain, ni pour jeudi prochain.
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